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Knock

Hier, je suis allée au cinéma parce que j’étais épuisée, j’en avais marre de me définir uniquement comme une étudiante. J’en avait marre d’être une personne qui se lève en pestant contre son réveille, en se dépêchant pour se rendre à la BU, en prenant le métro, et en restant fixée sur une chaise, avec, pour seule distinction personnelle sa capacité à intervenir constamment. Je ne suis pas de celles qui veuille à tout pris se démarquer des autres, mais cela veux dire « tant pis si d’autres me sont semblables, du moment que je puis être moi, cette condition me conviens et me correspond ». Or, rester figée, la tête vide d’envie sur sa chaise, ce n’est pas être moi, je ne me définit pas par la consécration d’un travail acharné dans ma vie. J’ai besoin de tumulte et de vie pour vouloir avancer.

Alors hier, malgré le fait que je n’avais eu qu’une seule vrai nuit depuis le samedi de la semaine d’avant, j’ai décidé d’aller au cinéma voir Knock, parce que Omar Sy était en tête d’affiche, avec son sourire inimitable, porteur de cette vie, de cette envie que je voulais consacrer.

Il se trouve que c’était l’avant première, et que je me suis ainsi retrouvée dans une foule surexcité de voir ce film attendu, et surtout émoustillée de la présence de l’acteur. Mon cher Omar Sy, nous nous connaissons bien peu, et sachez que malgré tout le respect et l’affection que je puisse vous porter (ce n’est pas la première fois que je le croisais), je n’en avait rien à faire de vous. Très bien vous étiez là, mais c’est d’un épuisant de voir tout ce petit monde enchanté de la présence d’un homme tel que vous. Très bon acteur d’accord, j’en convient, c’est pour ça que j’étais là, mais pourquoi vous faire tant de courbettes ? qu’y a-t-il dans la vie de ses personnes qui leur fasse vous voir si haut?  Grand bien vous en fasse, vous avez poussé l’amabilité rieuse qui vous définit lors des représentations publiques et été couvert d’éloges par mon voisin de droite. D’ailleurs, ce n’est que vous qu’ils attendaient car toutes les autres interventions ont été décriées…

Bref, j’ai donc regardé ce film, entourée de rires pour finalement le trouver si plat… Effectivement le personnage de Knock est intéressant, fascinant par les trésors d’imagination et de manipulation qu’il déploie. Mais le personnage féminin sensé l’humaniser est tellement anecdotique, elle se place en grande prêtresse de la sagesse des champs, amoureuse des animaux et de la vérités des Hommes et pour quoi? pour lui dire d’être heureux? Une danse sur un terrain pentu? voilà une belle passion… Comment s’attendrir d’une histoire à peine vécue? à quel moment compatir pour un personnage tel que Knock si sa souffrance est celle-ci? La passion engendre les passions, un baiser volé sur le quai d’une gare ne peut être une romance interdite. Pas comme ça, pas aussi vite…

Omar Sy a expliqué que le personnage de Knock, dans la pièce de théâtre dont il est issu, lui faisait peur. Alors bien sûr, la mode est à la comédie et Omar Sy semble être un personnage trop « solaire » pour incarner le drame, la vilenie, mais n’est-ce pas là son travail? changer de registre ne serait-il pas un challenge autre que d’incarner un plaisantin avide d’argent et de notoriété? Bien sur que sa manipulation est brillante mais le jeu est celui d’Omar Sy, toujours il est là, avec son fameux sourire, à éclairer un personnage bien trop noir pour cette image.

Un personnage torturé, qui se nourrirait de la maladie (existante ou non) de sa patientèle fascinerait, pas un amoureux transit dans la seconde et bien vite remis (je souligne qu’il rit aux éclat et transpire de bonheur alors que sa dulcinée n’est même pas encore en terre). Ce n’est pas parce que le dernier plan du film résonne de la voix de son amour perdu qu’il justifie son bonheur éclatant. Le respect de la volonté du mort, qui veut que son entourage lui survive dans la joie est une chose, le fait de pouvoir se remettre aussi vite en est une autre!

Quels sont les enjeux du film? une amourette? elle est établie si vite qu’on en est presque indifférent? Faire croire au statut de médecin? le doute dure une seconde, tout le monde se persuade bien vite et son diplôme accroché au mur est comme là pour nous dire « cherche ailleurs ton sujet ». Devrions-nous vraiment nous intéresser à sa politique de soin continu? A-t-on jamais douté que Knock parvienne à ses fins? Il me semble bien que des son engagement en mer, le film nous le présente comme capable de tout. Alors, si aucun de ses enjeux n’est celui du film, est-ce alors l’humanisation de ce personnage de médecin commercial qui doit nous passionner? Si c’est ça, excusez moi du jugement mais le film manque sa cible. Une amourette pour la plus jolie fille du village, le paiement de ses soins (alors qu’il est visiblement déjà très riche), et son deuil instantané ne sont pas, il me semble, des preuves édifiantes de son humanité.

Au delà des considération pseudo- philosophique du film, il est, effectivement, très joli à l’image. A part un fond vert immonde au tout début du film (départ en bateau), la lumière est belle, la musique aussi, même si elle est parfois mal dosée, notamment lors de la scène de danse en plein air, où elle est si présente qu’on entend plus que ça, ce qui à mon sens nuit au côté champêtre et soudain de ce moment. Il peut être romantique de chercher une musique dans le champ des grillons pour appuyer sa danse, si la musique de fond est si forte qu’on entend rien d’autre quel, alors le cadre idyllique du moment se trouve à mon sens perverti en quelque chose de beaucoup trop artificiel pour en être touchant.

J’adore Omar Sy, et je ne regrette pas d’être allée voir ce film; cependant, Knock n’est sûrement pas son meilleur film et entre blague scato (Mon dieu, il y a du caca jusqu’au plafond et en plus le pauvre escroc pète) et ridiculisation du seul personnage qui bien qu’objectivement trop vindicatif  est conscient de la malignité de ce nouveau médecin (olàlà, le méchant curé se retrouve tout seul dans son église), les prétentions du film ne volent pas très haut.

je dis ça bien sûr en admettant que peut être, je suis trop désabusée, peut être j’ai manqué des aspects du film mais, en comparaison avec ce dont je peux avoir l’habitude en général et ce que j’ai pu apprécier d’Omar Sy, il me semble qu’il y a, en Knock, un échec de visée, que le but originalement définit pour ce film n’est pas atteint et que la réalisatrice, qui justement était là, visait bien plus que ce qu’elle a effectivement (ceci strictement pour mon avis personnel) apporté.

A plus quand on y pensera :)

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