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La Thanatopraxie II

Hey!!

Du coup, voici le premier cas que nous avons eu . Je n’avais jamais vu de mort avant, je ne savais pas trop comment j’allais réagir, du coup j’étais un peu stressée quand on est arrivées à la morgue. Et puis du coup, la petite mamie avait juste l’air de dormir, bon elle dormait avec un teint jaune vraiment blafard mais elle dormait quand même! Miss. Vandecamp a sorti tout son matériel et a commencé à m’expliquer comment il fallait procéder. D’abord, vérifier sur le bracelet de la patiente si c’est bien la personne dont on est censé s’occuper (question de ne pas trouer le bide de n’importe qui) Ensuite, il faut vérifier les vêtements qui sont donnés pour habiller le mort (que ce sont bien ceux de la bonne personne, qu’il y a tout et s’ils nécessitent d’effectuer les soins d’une certaine façon.)

Ensuite on peut commencer. Le mort est nu, sous un drap, avec seulement une couche et ses bracelets d’identification et d’heure de décès. D’abord, on fait un peu de kiné musculaire au cadavre ;p En fait, il faut rompre la rigidité cadavérique pour pouvoir le manipuler plus facilement (on se rappelle qu’après coup il faudra l’habiller einh! Va enfiler un pull à une statue!!). Puis il faut choisir si on veut faire l’incision au niveau de la carotide ( à la base du cou) ou de la fémorale (au niveau de l’aine). Avec un scalpel on incise sur 5-6 centimètres et avec un petit crochet et une réglette, il faut déchirer les chaires jusqu’à la veine que l’on cherche. Pour me montrer, Miss. Vandecamp était passée par la fémorale alors qu’elle préfère d’habitude la carotide. Quand elle a trouvé la fémorale, elle a dû la « dégainer » . En fait, les veines sont ceintes de nerfs, de graisse et de pleins d’autres merdouilles. Du coup il fallait, avec le crochet, arracher ces petits trucs accrochés à la veine. Quand c’est fait, on passe la réglette sous la veine et on la fait dépasser sur la peau, des deux côtés, de telle sorte que seule la veine sorte encore de la plaie. Avec des ciseaux, on coupe alors la veine sur la moitié de sa largeur et on insère une sorte d’embout relié à un tuyau dans la veine en direction du cœur, on clampe le branchement pour ne pas qu’il bouge et on coupe les reflux. Alors, à l’aide d’une pompe, on rempli la veine avec du formol ou une autre préparation équivalente, du coup, le produit suit le trajet normalement empreinté par le sang jusqu’à l’oreillette droite du cœur et pénètre les cellules pour les conserver. On relève les bras du mort au dessus de sa tête comme quand tu t’étires comme un gros porc le matin en massant les aisselles (parce que ça aide à l’aspiration du sang et ça débouche les caillots qui pourraient se former dans le bordel de ganglions, de nerfs, d’artères et de veines de l’aisselle) Puis Miss. Vandecamp, avec son scalpel, a troué le ventre à une distance de trois doigts en dessous du sternum. Par lequel elle insert un trocart, espèce d’énorme aiguille tranchante large comme une pièce de 1 cm et longue d’une trentaine de cm. Avec, elle transperce le diaphragme puis le cœur, dans l’oreillette droite où elle aspire tout le sang du corps qui est poussé jusqu’ici par le formol. Quand il lui semble avoir assez aspiré dans le cœur, elle fait la même chose avec les autres organes (foie, estomac…) puis elle déchiquette tout l’intestin en faisant un mouvement d’éventail du plus profond au plus en surface avec son trocart acéré!!! (insérer rire de sorcière diabolique). Enfin, elle finit par l’œsophage et là le cadavre « chante », en gros, c’est un mélange entre un raclement de gorge dégueu, un gargarisme et le bruit que fond les détraqueurs dans Harry Potter. On sait que ça passe bien (le produit) parce que les veines se gonflent. C’est super impressionnant, on dirait que le cadavre reprend vie. Surtout qu’il est conservé à 4°C, ce qui fait qu’il est gelé quand on commence puis est un petit peu réchauffé par le produit à température ambiante. En plus, souvent, les oreilles et les bouts des doigts deviennent violets, si le produit passe bien, la peau redevient blanche!!! Souvent aussi, le corps du cadavre présente des marbrures bizarres qui peuvent être atténuées par le soin. ça a l’air mignon tout ça mais imaginez vous bien que pour transpercer les organes, les mouvements doivent être relativement violents et répétés, le trocart tape contre l’os iliaque (des hanches) et des côtes en faisant un bruit sourd, glauque et creux juste vomitif!! Et puis je ne vous raconte pas l’odeur quand tu déchires des intestins morts depuis plusieurs jours, déjà tellement putréfiés qu’une tache verte apparaît sur la peau. Et donc Marie, notre première mamie, et bah elle avait la cliche, et quand ça commence à sentir les égouts abandonnés, bah tu regardes entre les jambes et tu te rends compte qu’avec de la merde liquide de macabé, et bah un anus c’est très peu étanche, et les draps en sont recouverts!!! Et franchement Marie : tu pues la mort!! :) Du coup, l’étape d’après, passage obligé, c’est le méchage : boucher les trous avec des longues mèches de coton. D’abord le nez, et excusez-moi du peu mais le bruit d’une cloison nasale qui craque parce qu’avec tes pinces de la taille d’un sécateur tu enfonces des tiges de coton de 30 cm dans le nez d’une vielle et bah c’est pas une mélodie douce à l’oreille. ensuite la bouche, jusqu’à la gorge et à voir c’est pas mieux, enfin les trous qui ont été faits pour insérer le liquide et le trocart. Pour finir, l’anus et le vagin si besoin, on ne va pas laisser le cadavre se vider mais si on peut éviter une intrusion aussi intime, ça peut être pas mal. Mais bon visiblement, Marie ne pouvait plus se retenir alors… :p En dernier lieu, il faut remplir la cavité abdominale avec un demi litre (ou un peu plus en fonction de la personne) de formol, pour conserver tous les organes. Quand tout est rebouché, il faut recoudre, et les points utilisés sont en diagonale, en fait, on dirait un peu de la brioche en épis de blé, miam, c’est pas 10h et j’ai déjà faim!! Ah oui, j’oubliais le plus joli, la bouche aussi doit être cousue, mais en invisible!! à l’aide d’une aiguille plus proche de l’hameçon, Miss. Vandecamp perce le menton pour passer derrière le maxillaire inférieur, c’est-à-dire derrière les dents. Puis en repassant par le même trou, elle passe cette fois si devant le maxillaire inférieur et tire sur le fil dans un mouvement de va-et-vient pour « cisailler » les chairs et que ça ne se voit plus. ensuite elle insert son aiguille au dessus de la gencive à droite, remonte dans le nez, traverse le septum nasal et redescend de l’autre côté, sert fort et fait un nœud. Du coup, les deux mâchoires sont fermées en reliant le maxillaire inférieur au septum nasal de façon totalement invisible.

Quand tout ça est finit bah… il me semble que c’est bon… à non, j’oubliait le meilleur!! Les yeux, ça s’affaisse quand on meurt. C’est à dire que au lieu d’avoir du bombé quand tes yeux sont fermés, et bah le décédé se retrouve avec un plat, voir un creux très peu naturel, du coup, il faut insérer sous la paupière une « coquille » qui est une sorte d’immense lentille de contact en plastique dur très bombé qui est du plus bel effet une fois les yeux fermés. Elle est équipé de petits trous à rebord sur le dessus de façon à « crocheter » la paupière pour que l’œil reste bien fermé. Miam, que de détails ragoutants!!

Quand tout ça est fini et bah… la partie la plus technique est finie. Il reste la partie humanisante du soin. Il faut habiller la personne, ce qui n’est pas une mince affaire vu ce qu’il lui reste comme souplesse, et la maquiller. C’est alors que Marie est redevenue une grand-mère, quand on a dû lui enfiler son pull. Parce qu’il y a quelqu’un qui a pris la peine de lui choisir un pull, parce qu’on arrive en hiver et qu’il ne faudrait pas qu’elle ait froid. Parce qu’on avait pris soins de joindre à ses vêtements son chapelet, que l’on a glissé entre ses mains croisées. Parce qu’on a pris la peine de lui croiser les mains, de lui fabriquer un  sourire pour lui donner cet air apaisé que l’on espère voir sur le visage de nos proches qui sont partis.

C’est quand tu lui mets de la crème hydratante, du fond de teint, du blush et du rouge à lèvre, quand tu l’as faite jolie pour ses enfants, son mari, ses petits enfants que tu vois à quel point ce que tu as fais va au delà du corps, à quel point ça va être important pour quelqu’un …

Voilà, Marie, Miss Vandecamp, merci pour le temps que vous m’avez accordé et pour ce que vous avez pu m’apprendre, j’ai été honorée

Bref, à plus quand on y pensera!

A propos de etsihieraujourdhuietdemainexistaient

Une réponse à “La Thanatopraxie II”

  1. Le 17 novembre 2016 à 8 h 38 min La Dissidence a répondu avec... #

    Tout cela est très intéressant et je me réserve la plupart des observations que j’ai pu en faire et les fautes d’orthographes ça arrive je peux concevoir ça MAIS ! En revanche… Harry POTTER bon sang ! raaaaaaaaaaaah !
    voilà le fan-boy que je suis s’est apaisé :D

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